Rapport du Parlement Européen sur la pêche : sécurité et causes d’accidents

 

Rapport n° A5 – 0087/2001   du   12/03/2001

Commission de la pêche

Rapporteur : Rosa Miguelez Ramos

 

EXPOSÉ DES MOTIFS

La pêche est le secteur qui présente le plus grand nombre d’accidents de travail, d'où un taux de mortalité élevé. Du fait de ses caractéristiques mêmes, du fait que cette activité s'exerce loin de la terre ferme, dans l’équilibre précaire d’un navire, à la merci d'un milieu hostile et de conditions de travail difficiles, où l’application des normes de sécurité est très relative, la pêche peut être définie comme un métier extrêmement dangereux. C’est dans ce secteur que le risque d’accidents est le plus élevé. En 1997, le Bureau international du travail [1] estimait à 24 000 le nombre de décès de travailleurs de ce secteur chaque année dans le monde.

 

Pour procéder une étude détaillée des causes des accidents de travail dans le secteur de la pêche au sein de l’Union européenne (UE), il convient tout d'abord d'aborder le problème de l’hétérogénéité des données statistiques. En effet, il n’existe pas de définition uniforme pour les quinze États membres, s'agissant des notions qui servent à établir le taux d’accidents, de sorte qu'il est difficile, voire impossible de mieux connaître les causes, l’évolution et l’impact des mesures pouvant être adoptées au niveau de l’UE. Bien qu’Eurostat travaille actuellement en collaboration avec les services permanents des États membres à l’établissement de critères uniformes, rien ne justifie que cela n’ait pas encore été fait.

 

 

1. LA PÊCHE MARITIME: UNE PROFESSION DANGEREUSE

 

Les statistiques disponibles révèlent le caractère dangereux de ce métier et fournissent matière à réflexion en ce qui concerne la prévention des accidents, et ce, tant pour les sinistres subis par les navires que pour les accidents survenant à leur bord. Il convient, toutefois, d'utiliser ces données avec prudence, dans la mesure où les méthodes de collecte et de compilation diffèrent d’un État à l’autre. Dans l’UE, un pêcheur sur sept est victime d’un accident de travail chaque année. Au Danemark, par exemple, le taux d’accidents mortels dans le secteur de la pêche est 25 à 30 fois supérieur à celui qui est enregistré pour les salariés travaillant sur la terre ferme.

   

1.1. Les types de sinistres subis par les navires de pêche  

On distingue huit catégories de sinistres subis par les navires: naufrage, échouement, collision, chavirement, incendie et explosion, pannes de machine, voies d'eau et accidents dus aux conditions météorologiques. Cette typologie permet de classer les accidents survenus en 1998 en fonction de leur nature.

 

Le nombre de sinistres enregistrés dans les États membres était de 1 347 en 1998, contre 1 250 en 1996, soit une augmentation de 3,7 %. Le pourcentage le plus élevé correspond aux pannes de machine (33 %), suivies par les naufrages (9 %), les échouements (9 %) et les collisions (7 %). Les accidents les moins fréquents sont imputables aux voies d'eau (4 %), aux incendies et à l’explosion (3 %), au chavirement (2 %) et aux conditions météorologiques (1 %).

 

On constate, par conséquent, que les pannes de machine sont très fréquentes: 445 en 1998 et 437 en 1996. Ces chiffres élevés sont dus au mauvais entretien des machines et à une formation insuffisante.

   

1.2. Les accidents à bord des navires de pêche  

Les accidents de travail survenant à bord des navires de pêche sont encore plus nombreux que les sinistres subis par les navires. Même s'ils ne sont pas connus du public, ce sont des faits habituels qui peuvent avoir de graves conséquences telles qu'une incapacité, l'invalidité, des mutilations ou même la mort. Le caractère complexe ou dangereux des engins de pêche (chalut, palangre, etc.) ainsi que les conditions difficiles dans laquelle la pêche est pratiquée (ce qui accroît le nombre de chutes par-dessus bord) font que la pêche est le secteur d'activité qui enregistre le plus grand nombre d'accidents du travail.

 

Un certain nombre de décisions politiques et administratives peuvent également contribuer indirectement à cet état de fait, comme la nécessité de réduire le tonnage de la flotte ou l'intérêt pour les entreprises de construire des navires de taille plus réduite afin d'échapper à certaines obligations en ce qui concerne l'équipement ou l'équipage ou encore la nécessité d'effectuer les prises très rapidement avant que le quota alloué soit épuisé. De nombreux pêcheurs doivent travailler dans un espace très réduit, où les engins de pêche occupe une grande place, ce qui complique le travail et augmente les risques.

 

Il importe de tenir compte des conditions réelles de travail (ergonomie) lors de toute décision prise à quelque niveau que ce soit.

 

 

1.3. Les principales causes d'accidents  

S'agissant de l'hétérogénéité des critères de collecte des données statistiques dans les États membres, nous distinguons trois grands facteurs. Chaque facteur englobe non pas une seule, mais plusieurs causes.  

-          Les facteurs humains comprennent la fatigue, le stress, le défaut de maintenance, les négligences, la routine, la toxicomanie ou l’alcoolisme, les erreurs de navigation, les relations personnelles et les conditions de travail. Le bruit permanent sur le navire constitue une agression et fait que les pêcheurs dorment peu et mal et ne peuvent se reposer comme il le faudrait.  

-          Les facteurs techniques comprennent l’absence d'équipement ou son mauvais fonctionnement, en particulier en ce qui concerne les systèmes d'alarme et de lutte contre l'incendie, l'utilisation d’engins de pêche peu sûrs, l'insuffisance des équipements de sécurité ou de survie, l'inobservation des normes de stabilité, l’absence de contrôle systématique ainsi que la complexité et le caractère dangereux des engins de pêche.  

-          Les facteurs externes se réfèrent principalement aux conditions météorologiques, mais certaines décisions politiques en matière de gestion des ressources et le contexte économique peuvent être des causes indirectes d'accidents.

 

40% des accidents survenus en 1998 sont imputables à des erreurs humaines. Les facteurs techniques sont à l’origine de 26,98 % des accidents et les facteurs externes, de 16 %. D'autres accidents sont dus à un ensemble de facteurs.

 

Ces données indiquent qu’il s’agit d’un métier pour lequel des conditions de travail convenables n’ont pas encore été assurées. En effet, les pêcheurs sont soumis à des pressions économiques et à la concurrence, ce qui les conduit à prendre plus de risques: réduire les effectifs et augmenter les heures de travail. Cette situation est très courante, d’où des accidents dus à la fatigue extrême.

 

 

1.4. Les conséquences des accidents  

Selon le Service de la sécurité et de la santé au travail du BIT, le secteur de la pêche accuse un taux mondial d'accidents mortels de 80 pour 100 000 travailleurs, soit environ 24 000 décès par an, et tous les ans, ce secteur compte 24 millions d'accidents non mortels.  

Les maladies, fréquentes parmi les pêcheurs, dues à l’exercice de leurs fonctions, méritent un chapitre à part. Il s’agit d’affections cutanées, de problèmes respiratoires, de lésions du système musculo-squelettique, ainsi que de problèmes liés au niveau élevé du bruit supporté, qui peut entraîner la surdité. L'activité menée à basse température et le séjour dans l'eau après une chute peuvent être à l'origine de gelures et d'hypothermie.  

Les accidents ont, par ailleurs, de lourdes conséquences financières pour les pêcheurs, les armateurs, les compagnies d’assurances et les contribuables en général. Dès lors, l’investissement dans la sécurité ne serait pas seulement une action rentable, mais aussi judicieuse.

 

 

 

2. MESURES VISANT À AMÉLIORER LA SÉCURITÉ DANS LES ACTIVITÉS DE PÊCHE  

2.1.   Les recommandations d'organisations internationales  

L'Organisation internationale du travail (OIT) a adopté diverses conventions et recommandations portant, directement ou indirectement, sur la sécurité et la santé dans le secteur de la pêche. Celles-ci sont soutenues par d’autres actions et initiatives, telles que le Code de sécurité pour les pêcheurs et les bateaux de pêche, les directives pour la construction et l’équipement des petits bateaux de pêche, ou le document d'orientation pour la formation des pêcheurs. Parallèlement, l’OIT organise périodiquement des débats dans le cadre de l’action tripartite OIT/OMI/FAO.

 

La réunion qui s’est tenue à Genève du 13 au 17 décembre 1999 était consacrée à la sécurité et à la santé dans l’industrie de la pêche. Les participants ont pu constater que, malgré le grand nombre de mesures existant en la matière, la pêche maritime continue d’être un métier très dangereux. L’accent a été mis sur la nécessité de prendre en compte les facteurs humains, ainsi que sur la modernisation des équipements. En outre, les gouvernements ont été invités à ratifier et à appliquer les normes internationales relatives à la sécurité des navires de pêche.

 

L'Organisation maritime internationale (OMI) accorde une grande importance à la sécurité des navires. Les conventions les plus importantes sont la Convention internationale de 1974 pour la sauvegarde de la vie humaine en mer (SOLAS), modifiée en 1978 et en 1988, la Convention de Torremolinos de 1977, suivie du Protocole de 1993 du même nom, et la Convention internationale sur les normes de formation du personnel des navires de pêche, de 1995. L’OMI a également adopté d’autres instruments, notamment le Code relatif aux enquêtes sur les accidents et les incidents, qui établit une procédure permettant de déterminer les circonstances des accidents et leurs causes.

 

Or, ces instruments, essentiels pour la promotion de la sécurité et de la santé dans l’industrie de la pêche, ne sont utiles que s’ils sont ratifiés et appliqués. Il apparaît que plusieurs conventions n’ont pas encore été ratifiées. Ainsi, le Protocole de Torremolinos (1993) n’a été ratifié que par cinq États membres et la Convention internationale sur les normes de formation, de 1995, seulement par deux.

 

La contribution de l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en matière de sécurité dans l’industrie de la pêche s’articule autour de deux axes. Le premier, qui concerne la fixation de normes, est le Code de conduite pour une pêche responsable, adopté en 1995, qui contient des dispositions associant clairement la pêche responsable à la sécurité et à la santé des pêcheurs. Le second, qui a trait à la coopération technique, concerne surtout les flottes des pays en voie de développement, composées essentiellement de petits navires, et a donné lieu à la publication, en 1993, des Directives en matière de sécurité pour les petits navires en mer.

 

 

2.2.  L’approche communautaire

 

2.2.1. La sécurité des navires de pêche  

Outre les dispositions législatives spécifiques, la directive-cadre 89/391/CEE concernant la mise en œuvre de mesures visant à promouvoir l'amélioration de la sécurité et de la santé des travailleurs au travail s'applique pleinement au secteur de la pêche. Elle impose aux armateurs l'obligation d'évaluer les risques pour les éliminer à la source, d'adapter le travail à l'homme et d'organiser la prévention, d'offrir les premiers secours, ainsi que l'obligation d'informer, de consulter et de former les travailleurs, etc.

 

S’agissant de la question de la sécurité des navires de pêche, la législation communautaire a connu deux étapes. Le 23 septembre 1980, le Conseil a adopté une recommandation invitant les États membres à procéder dans les plus brefs délais, et au plus tard le 31 juillet 1982, à la ratification de la Convention internationale de Torremolinos ou à l'adhésion à celle-ci. Mais il a fallu attendre 1993 et 1997 pour que le Conseil adopte deux directives sur la sécurité des navires de pêche communautaires (93/103/CE et 97/70/CE).

 

La première, la directive 93/103/CE, établit des prescriptions minimales de sécurité et de santé à bord des navires de pêche. Elle comprend des mesures de prévention et de sécurité destinées aux armateurs et aux travailleurs et concernant les équipements. Elle couvre également les prescriptions en matière de sauvetage et de survie, ainsi que pour les équipements de protection individuelle. Toutefois, selon les chiffres de 1997, cette directive ne toucherait que 8 % des navires de pêche, soit quelque 8 000 navires, puisqu’elle ne s’applique qu’à des navires neufs de longueur égale ou supérieure à 15 mètres et aux navires de pêche existants de longueur égale ou supérieure à 18 mètres.

 

La directive 97/70/CE, instituant un régime harmonisé pour la sécurité des navires de pêche de longueur égale ou supérieure à 24 mètres, repose sur le Protocole de Torremolinos, adopté le 2 avril 1993, lui-même fondé sur la Convention internationale sur la sécurité des navires de pêche. Elle ne concerne qu’un petit pourcentage (3 %) de la flotte communautaire, soit quelque 3 000 navires.

 

La grande majorité des navires de pêche communautaires est, par conséquent, soumise à la législation nationale. La Communauté devrait réglementer non seulement la sécurité des gros navires, mais aussi celle des navires de faible tonnage. On éviterait ainsi des effets indésirables, tels que la construction de navires de faibles dimensions ou de faible tonnage aux seules fins de passer outre certaines exigences de sécurité ou d’éviter d’embaucher des professionnels qualifiés. L’étude de juillet 1998, demandée par la Commission aux experts de la SSPA pour les transports maritimes, pourrait servir de base à cette nouvelle directive.

 

 

2.2.2.  La sécurité et la santé des pêcheurs

 

Le 15 avril 1988, le Parlement européen a adopté une résolution [2] , dans laquelle il reconnaissait qu'il importait de renforcer le volet social de la politique commune de la pêche et, en particulier, de renforcer la prévention en matière de sécurité pour le travail à bord des navires de pêche communautaires.

 

Dans cette résolution, compte tenu de la précarité du secteur, le Parlement considère qu'il est prioritaire de définir et de financer des actions dans le domaine de la formation, de la sécurité et de l’assistance médicale, ainsi que de recueillir des informations et de renforcer les mesures de contrôle. Il souligne l’importance d’une formation professionnelle adéquate, surtout en ce qui concerne la sécurité et l’utilisation des nouvelles technologies, et demande la publication et la distribution d’un manuel unique de formation. Il demande, par ailleurs, le financement de campagnes d’information en collaboration avec les pêcheurs et les armateurs, afin que tous prennent conscience de "l’aspect sécurité" dans leurs activités, principalement à travers la diffusion du Guide médical international des navires (1965) de l’OIT et des Consignes pratiques de sécurité et d’hygiène à bord des embarcations de pêche, adoptées en 1962 par l’OIT, l’OMS et la FAO.

 

Cette résolution invite également au développement de tout type de mesures, comme le réseau de consultations par radio, les communications par satellite et les systèmes d’échange d’informations. Finalement, le Parlement demande la création d’une ligne budgétaire spécifique destinée à financer la recherche dans le domaine de la sécurité en mer et propose une exemption d’impôts pour les équipements de sauvetage.

 

Postérieurement, l'action communautaire en matière de sécurité et de santé des pêcheurs s’est matérialisée dans différentes directives. Certaines d’entre elles ont une portée générale, c’est le cas notamment de:  

-          la directive 89/391/CEE, déjà citée, qui vise à promouvoir l'amélioration de la sécurité et de la santé des travailleurs au travail,  

-     la directive 89/655/CEE sur les équipements de travail,  

-          la directive 89/656/CEE1 concernant les prescriptions minimales de sécurité et de santé pour l'utilisation, par les travailleurs au travail, d'équipements de protection individuelle,

-     la directive 89/269/CEE sur la manutention de charges, et

-          la directive 92/58/CEE2 concernant les prescriptions minimales pour la signalisation de sécurité et/ou de santé au travail.

 

La directive 92/29/CE est propre au secteur de la pêche. Elle porte sur l’assistance médicale à bord des navires de pêche et dispose que tout bâtiment battant pavillon d'un État membre ou enregistré sous la pleine juridiction d'un État membre doit avoir à son bord une dotation médicale (article 2, paragraphe 1 a)), contrôlée annuellement (article 7) et accompagnée d'un guide d'utilisation à l'intention des pêcheurs. Les personnes auxquelles est confié l'usage de la dotation médicale à bord devront suivre une formation particulière réactualisée au moins tous les cinq ans. Tous les pêcheurs devront recevoir une formation de base portant sur les mesures d’assistance médicale et de secours à adopter immédiatement en cas d’accident ou d’urgence médicale vitale.

 

 

2.2.3. Le temps de travail

 

S’agissant de la réduction du temps de travail, le débat se poursuit. Il s’agit d’un enjeu essentiel pour les pêcheurs, dans la mesure où ils ne bénéficient d’aucune protection contre les risques qui pèsent sur leur santé et leur sécurité, imputables à des horaires excessivement longs. La directive 93/104/CE, qui vise à protéger la santé et la sécurité des travailleurs, ne concerne pas les travailleurs de la pêche maritime, ce qui se traduit, pour ceux-ci, par un temps de repos insuffisant et une organisation irrégulière du travail. Il faut noter qu’un pourcentage élevé d’accidents se produit au-delà des huit premières heures de travail.  

Les employeurs ont invoqué diverses raisons pour refuser l'application de cette directive au secteur de la pêche: sa spécificité, le principe de subsidiarité, le nombre élevé de pêcheurs indépendants, les conséquences financières pour les pêcheurs à la part, ainsi que l’hétérogénéité du secteur au sein de l’UE. Les syndicats ont, cependant, été favorables à l'application de cette directive au secteur de la pêche.  

Le 17 mai 2000, le Parlement européen a approuvé le projet commun, présenté par le Conseil, d’une directive qui étend, bien que de manière insuffisante, le champ des dispositions relatives au repos, aux pauses, à l'horaire de travail, aux congés payés et au travail nocturne à certaines catégories professionnelles, notamment aux travailleurs de la pêche maritime.  

S’agissant des pêcheurs, les États membres pourront opter:  

-          soit pour une période de repos minimale de 10 heures pour une période de 24 heures, et de 77 heures pour une période de 7 jours,  

-      soit pour un nombre maximal d’heures de travail ne dépassant pas 14 heures pour une période de 24 heures, ni 72 heures pour une période de 7 jours, ou encore 48 heures sur 7 jours mais pour une période d’un an.  

Ces normes, qui sont conformes aux normes internationales de l’OIT, visent à garantir la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs au travail, tout en leur offrant une plus grande souplesse.

 

 2.3.            L'inspection des navires  

L'inspection annuelle des navires est obligatoire dans la moitié des États membres. Dans d’autres, le contrôle est effectué tous les deux ou quatre ans, ou encore cinq ans après la construction du navire, à chaque changement de propriétaire ou après chaque rénovation du navire. En outre, les types de contrôle diffèrent d’un État à l’autre. Dans certains cas, le contrôle strict n’est effectué que pour les navires neufs ou les navires de gros tonnage.  

La création d’un système de contrôle commun se révèle indispensable. Celui-ci devra nécessairement comprendre:  

·        l'inspection annuelle concernant les navires et les travailleurs,

·        la vérification du respect des normes et des exigences en matière de santé et de sécurité,

·        l'application de sanctions en tant que mesure de pression,

·        la vérification des moyens de communication à bord.

 

 

 3. RECOMMANDATIONS POUR AMÉLIORER LA SÉCURITÉ DANS LES ACTIVITÉS DE PÊCHE  

3.1.           Prévenir les risques: une nécessité  

3.1.1.          Harmoniser les statistiques relatives aux accidents  

L’absence de critères uniformes rend impossible la collecte de données statistiques comparables dans tous les États membres. En outre, rares sont ceux qui publient des statistiques annuelles relatives aux sinistres et aux accidents et à leurs causes; certains ne communiquent même pas leurs données à la Commission. Faute de données fiables, il est impossible de décrire fidèlement la situation, ce qui donne lieu à des interprétations partiales et incomplètes. Il est, par conséquent, indispensable d'instaurer et d’appliquer dans tous les États membres une méthode unifiée de collecte et de compilation de données statistiques concernant les accidents subis par les navires de pêche et les accidents à bord.

 

3.1.2. Promouvoir une culture de la sécurité  

Il apparaît également indispensable de promouvoir une culture de la sécurité dans le monde de la pêche, à savoir dans toute la chaîne concernée par cette activité: de la conception et de la construction, qui doivent tenir compte des caractéristiques du lieu de pêche, à l’exploitation, à l'entretien des navires et des machines, à la rénovation des navires, au renouvellement de l’équipement complet des pêcheurs, ainsi qu'à la fabrication et à l'installation des engins de pêche.  

Toute la structure du navire (matériel de sécurité, de sauvetage et de mouillage) doit être régulièrement vérifiée par un organisme habilité à délivrer le permis de navigation. Des sanctions doivent être prises en cas de non-conformité.

Améliorer la recherche en matière d’accidents constitue la meilleure façon de déterminer, d’analyser et de prévenir leurs causes principales. Pour ce faire, il est nécessaire de disposer d’une information directe et complète sur les navires et de pouvoir faire appel à des organisations et administrations compétentes qui soient en mesure d'exploiter ce type d’information.  

Il convient d’accorder une importance particulière aux campagnes d’information destinées à sensibiliser les pêcheurs et les armateurs aux risques liés à leur activité et aux mesures de prévention nécessaires afin de réduire le nombre d’accidents et leurs conséquences.

 

 

3.1.3. Développer la formation continue  

La formation professionnelle doit faire partie intégrante du droit des travailleurs à une protection efficace de leur sécurité et de leur santé au travail. Elle doit également faire partie de la formation de base dispensée à tous les professionnels. Il convient d'établir des programmes de formation continue qui tiennent compte de l’évolution constante des techniques maritimes et qui permettent aux travailleurs de se recycler tout au long de leur carrière.

Ces stages de formation professionnelle devraient porter sur des questions précises, relatives à la sécurité des travailleurs et des navires, et à leur adaptation aux nouvelles technologies, notamment:

 

·        les méthodes de lutte contre les incendies,

·        les méthodes de travail avec des engins de pêche; les précautions à prendre pour appareiller et virer de bord,

·        les méthodes permettant de maîtriser les avaries: voies d'eau, inondations, etc.,

·        les techniques de navigation permettant d'éviter les abordages et les collisions,

·        la procédure à suivre pour "l'abandon du navire" et l'utilisation d'équipements et de radeaux de sauvetage,

·        les techniques de mouillage et de maîtrise de cette manoeuvre,

·        la prévention des risques liés à la navigation, avec l'aide de systèmes de cartographie électronique, compte tenu des limites inhérentes à ces systèmes,

·        l'évaluation des risques, et

·        les mesures à prendre lorsqu'un homme tombe à la mer, etc.

Dans la mesure où un grand nombre de pêcheurs ne savent toujours pas nager, la formation doit également comprendre des cours de natation.

 

 

3.1.4. Nécessité d’un système unifié de navires de pêche communautaires  

Les enquêtes réalisées après un accident révèlent souvent de nombreux défauts sur des navires classés et certifiés par des sociétés de classification de premier ordre, membres de l’Association internationale des sociétés de classification (IACS).  

La transparence des informations relatives aux navires et à leur exploitation est nécessaire. Les informations suivantes devront être intégrées au système EQUASIS d’information en temps réel sur la qualité des navires que la Commission européenne met en ce moment sur pied:  

·        identité du propriétaire réel, au-delà d’une vague mention à une raison sociale enregistrée dans un ou plusieurs paradis fiscaux,

·        raison sociale des sociétés qui ont procédé à la classification du navire et qui ont certifié la qualité de sa gestion nautique (selon le code ISM), avec mention des certificats délivrés à la demande de l’État du pavillon, ainsi que de ceux délivrés par les sociétés en question,

·        raison sociale de la compagnie d'assurance responsabilité civile, avec mention de la limite éventuelle des garanties,

·        raison sociale de la compagnie d'assurance COPRS (assurance de la quille),

·        raison sociale de l'organisme de certification au titre du code ISM du lieu où est assurée la gestion nautique du navire, avec mention expresse du certificat délivré par l'État du pavillon,

·        raison sociale du gestionnaire nautique ("shipmanager") et des éventuels sous-traitants chargés d'embaucher le personnel ("crewing agency"),

 

3.1.5. Mettre davantage en adéquation l’équipage, le navire et les équipements  

L'adéquation entre l’équipage, le navire et son équipement est essentielle à un fonctionnement optimal et à une plus grande sécurité à bord, mais, dans la réalité, elle n’est pas fréquente. Souvent, les descriptions d’accidents font état d’une inadéquation entre l’équipage, le navire et leurs équipements, ce qui constitue un des principaux facteurs à l’origine du sinistre.  

L'inadéquation entre le navire et l’équipage, les problèmes de communication entre les membres d’un équipage hétérogène ou les difficultés d’adaptation de ce dernier aux équipements utilisés, ainsi que l’absence de cohérence entre les différents équipements constituent des facteurs de risque pour la sécurité des navires.

 

L’hétérogénéité des équipages, due soit à la diversité des nationalités, soit à la diversité des formations et des expériences professionnelles, engendre d’importants problèmes de communication, ce qui constitue un facteur déterminant pour une partie des accidents observés.

 

Renforcer la cohérence des équipements est une véritable priorité, d'autant plus qu'en vieillissant, les équipements du navire qui s’altèrent – puissance des moteurs, aménagement des locaux, etc. – ou qui sont ajoutés sont susceptibles de provoquer des effets pervers. L'introduction de toute nouvelle technologie devrait s’accompagner d’une réflexion approfondie sur ses conditions d'utilisation et sur son incidence sur le reste des activités à bord.

 

 3.2. Améliorer les conditions de travail: une priorité  

Le principal problème posé par la prévention de risques dans le secteur de la pêche est celui des longues journées de travail. En effet, le manque de contrôle administratif, l’éloignement et le caractère isolé du lieu de travail ainsi que la rémunération à la part sont la cause de journées de travail excessivement longues. La journée de travail moyenne est de 12 heures, distribuées irrégulièrement, avec des périodes de pointe intenses et difficiles qui provoquent de la fatigue, une diminution des réflexes et le recours à des substances stimulantes. Ces situations constituent les principales causes d’accidents sur les navires de pêche. Par conséquent, il convient d’appliquer aux gens de mer, le plus rapidement possible, la directive relative à la durée du temps de travail.  

Par ailleurs, dans le secteur de la pêche, le contrôle des conditions de travail à bord des navires est très réduit. En général, les visites de contrôle en matière de prévention des risques sont pratiquement inexistantes. Il est, par conséquent, indispensable d’établir une collaboration entre l’inspection du travail et ce secteur: tout d’abord, pour éviter que ce manque de contrôle n’entraîne un sentiment d’impunité et, ensuite, pour qu’une véritable communication entre l’administration et ce secteur contribue efficacement à prévenir et à réduire les risques d’accidents.  

Il convient de donner la priorité à la qualité du logement sur le navire, dans la mesure où l'inconfort contribue à accroître la fatigue et, partant, le taux d’accidents. La technologie moderne permettra de réduire le bruit à bord, très agressif sur presque tous les navires, à 60 décibels, niveau plus acceptable. En somme, il faut parvenir à des conditions de travail humaines qui permettent aux pêcheurs d’avoir une certaine qualité de vie et des périodes de repos en compagnie de leurs familles (sur certains types de navires, les pêcheurs passent jusqu’à six mois d’affilée sans rentrer chez eux).

 

 

CONCLUSIONS

 Le problème de la sécurité dans le secteur de la pêche est, comme nous l’avons vu, très complexe: les différences entre la petite pêche artisanale, la pêche côtière, la pêche hauturière et la pêche industrielle sont considérables. En outre, les intérêts des armateurs, des pêcheurs salariés et des indépendants sont loin de concorder.  

Nous pouvons, cependant, retenir certaines lignes d’action possibles en vue de mettre en pratique un cadre complet de mesures de prévention et de sécurité, qui comprenne principalement:

 

·      la garantie de bonnes conditions de vie pour les travailleurs,

·      le développement de programmes de formation professionnelle,

·      des campagnes d’information en matière de sécurité,

·      le renforcement du dialogue social,

·      l’extension de la protection sociale à tous les pêcheurs,

l'évaluation des risques,

·      des examens médicaux systématiques et périodiques pour les pêcheurs,

·      la rénovation et la modernisation de la flotte,

·        la construction des navires en matériaux de bonne qualité et résistants,

·        des contrôles stricts des conditions de travail et des navires mêmes, notamment à travers des inspections effectuées par des sociétés de classification,

·        un meilleur entretien des équipements de protection et de lutte contre l'incendie, la fumée, les naufrages et des équipements de sauvetage,

·        l’amélioration des aides à la navigation,

·        un contrôle renforcé du trafic maritime,

·        l’amélioration des informations météorologiques destinées aux professionnels de la pêche,

·        le renforcement des normes de sécurité relatives aux équipements,

l'amélioration des moyens de sauvegarde à bord, y compris les équipements individuels,

·        l’adéquation des équipements individuels aux activités et aux zones de pêche,

·        l’obligation d’être en possession de tous les permis du navire et des travailleurs,

le renforcement de la coordination entre les services de secours et de radioconsultation,

·        la coordination entre tous les organismes chargés de la sécurité et de la santé dans le secteur de la pêche.

la prise en compte, lors de la définition de la politique de gestion des ressources, des conséquences que celle-ci peut avoir sur la sécurité et les conditions de travail des pêcheurs.

 

 

 

PROPOSITION DE RÉSOLUTION

Résolution du Parlement européen sur la pêche : sécurité et causes des accidents (2000/2028(INI))

Le Parlement européen,

    vu l’article 137 du traité sur l’Union européenne, ainsi que les textes de la Charte sociale européenne et de la Charte des droits fondamentaux,

    vu la Convention des Nations unies de 1982 sur le droit de la mer,

    vu la Convention internationale de 1974 pour la sauvegarde de la vie humaine en mer (SOLAS),

    vu le Protocole de Torremolinos de 1993,

    vu la Convention internationale de 1995 sur les normes de formation du personnel des navires de pêche, de délivrance des brevets et de veille (Convention STCW-F) de l’Organisation maritime internationale (OMI),

        vu le Code de conduite de 1995 pour une pêche responsable de l’Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO),

        vu la directive‑cadre 89/391/CEE1, concernant la mise en œuvre de mesures visant à promouvoir l'amélioration de la sécurité et de la santé des travailleurs au travail,

        vu les directives 92/29/CEE2, sur l'assistance médicale, 89/655/CEE3 sur l'utilisation d'équipements de travail et 90/269/CEE4, sur la manutention de charges,

    vu les directives 93/103/CE5, concernant les prescriptions minimales de sécurité et de santé au travail à bord des navires de pêche, 97/70/CE6, instituant un régime harmonisé pour la sécurité des navires de pêche de longueur égale ou supérieure à 24 mètres, et 92/29/CEE, concernant les prescriptions minimales de sécurité et de santé pour promouvoir une meilleure assistance médicale à bord des navires,

    vu la directive 93/104/CE7, concernant certains aspects de l'aménagement du temps de travail, modifiée par la directive 2000/34/CE8 du Parlement européen et du Conseil,

        vu sa résolution du 15 avril 1988 sur les aspects sociaux de la politique de la pêche1,

        vu l'article 163 de son règlement,

        vu le rapport de la {PECH}commission de la pêche et l'avis de la {RETT}commission de la politique régionale, des transports et du tourisme (A5‑0087/2001),

A.     <Considerant>considérant que, selon des estimations du Bureau international du travail (BIT), quelque 24 000 pêcheurs décèdent chaque année dans le monde et que, dans l’Union européenne, le risque de décéder ou d’être blessé au cours d’activités de pêche est également élevé (160 morts et 2 527 blessés en 1998), ce qui fait de la pêche une profession très dangereuse et un secteur à haut risque;

B.     considérant que les chiffres relevés dans l'Union européenne en ce qui concerne tant les accidents survenant à bord des navires que les sinistres subis par les navires sont très préoccupants et inacceptables et qu'ils diminueraient considérablement si l'administration et le secteur lui-même appliquaient rigoureusement les dispositions relatives à la sécurité qui sont en vigueur;

C.    considérant que, malgré la recommandation du Conseil du 23 septembre 1980 et la requête formulée conjointement par le BIT, l’OMI et la FAO, le Protocole de Torremolinos n’a pas encore pu entrer en vigueur en raison du petit nombre de ratifications de cet instrument juridique et que d’autres conventions de ces organisations internationales relatives à la sécurité dans le secteur de la pêche, telles que la Convention internationale de l’OMI de 1995, sur les normes de formation du personnel des navires de pêche, de délivrance des brevets et de veille (Convention STCW-F), ne sont pas, non plus, encore entrées en vigueur;

D.    considérant les interventions nécessaires dans un cadre préventif afin d'empêcher que l'accident ne survienne, à savoir:

-    la législation directe dans le domaine de la sécurité des marins et du travail pour améliorer les conditions de vie et de travail,

-    la conception du navire et l'intégration de prescriptions sur les équipements et la structure du navire pour réduire les incidences physiques, et

-          l'introduction de règles de gestion des ressources influant sur la sécurité humaine (par exemple, les POP);

E.     considérant que la directive 93/103/CE, concernant les prescriptions minimales de sécurité et de santé au travail à bord des navires de pêche d’une longueur égale ou supérieure à 15 mètres ou à 18 mètres, et la directive 97/70/CE, instituant un régime harmonisé pour la sécurité des navires de pêche de longueur égale ou supérieure à 24 mètres, ne concernent que 8 % et 3 % respectivement des navires de la flotte de pêche européenne;

F.     considérant que la directive‑cadre 89/391/CEE concernant la mise en œuvre de mesures visant à promouvoir l'amélioration de la sécurité et de la santé des travailleurs au travail s'applique pleinement au secteur de la pêche;

G.    considérant que les aspects sociaux, parmi lesquels la sécurité et les conditions de travail, doivent être pris en considération dans la perspective de la future réforme de la politique commune de la pêche;

H.     considérant que les conditions de travail dans ce secteur ne sont pas satisfaisantes, en raison notamment de pressions économiques et de la concurrence, qui poussent les pêcheurs et les armateurs à prendre plus de risques, par exemple en réduisant le personnel et en augmentant le nombre d’heures de travail, ce qui provoque des accidents dus à une fatigue extrême;

I.         considérant que les conditions météorologiques exercent une grande influence sur les activités de pêche en ce sens que non seulement elles conditionnent les sorties en mer, mais qu'elles influent également sur les accidents à bord des navires et sur le nombre de sinistres;

J.      considérant que les conditions de travail des pêcheurs influent directement sur le nombre et la gravité des accidents dans ce secteur et que, dans ce sens, la directive 93/104/CE du Conseil, concernant certains aspects de l'aménagement du temps de travail, modifiée par la directive 2000/34/CE du Parlement européen et du Conseil, ne garantit pas le repos nécessaire ni une organisation du travail appropriée;

K.     considérant que la majorité des navires de pêche communautaires qui ont coulé avaient plus de 20 ans, ce qui est la limite maximale recommandée, et que, en outre, ils faisaient l’objet d’une maintenance insuffisante;

L.      considérant qu’il n'est pas exercé de contrôle pour s'assurer de l’application, à bord des navires, des dispositions de la directive 89/391/CEE du Conseil, concernant la mise en œuvre de mesures visant à promouvoir l'amélioration de la sécurité et de la santé des travailleurs au travail, bien que de nombreux organismes et institutions le demandent depuis des années;

M.    considérant que les inspections concernant les navires et les travailleurs varient considérablement selon les États membres, et que dans certains d’entre eux, ces inspections ne sont effectuées de manière rigoureuse qu’en ce qui concerne les navires de gros tonnage et les navires neufs;

N.     considérant qu'un grand nombre de navires de pêche appartiennent à des sociétés mixtes dans l'Union européenne ou battent un pavillon autre que celui de l'État d'origine de la société mixte concernée;

O.    considérant qu’il est impossible d’obtenir des données complètes et fiables sur le taux d'accidents dans la Communauté européenne, du fait de l’absence de statistiques comparables entre les 15 États membres;

P.     considérant qu’il est opportun de mener des campagnes d’information sur les mesures de sécurité dans le secteur de la pêche afin de sensibiliser davantage les pêcheurs et les armateurs;

Q.    considérant que le taux de syndicalisation dans ce secteur est faible, si bien que les droits des pêcheurs dans le domaine de la législation du travail sont insuffisamment protégés, notamment en ce qui concerne les aspects relatifs à la sécurité et aux conditions de travail, qu’il est nécessaire de renforcer le dialogue social entre armateurs et pêcheurs, ainsi que de conclure un plus grand nombre de conventions collectives pour établir une culture de la sécurité;

R.     considérant qu'il importe de généraliser et d'améliorer la formation professionnelle pour réduire le nombre élevé d'accidents du travail qui se produisent à bord des navires, en raison principalement du caractère dangereux et de la complexité du matériel utilisé et des engins de pêche mêmes, ainsi que de la manutention de lourdes charges;

S.     considérant que pour faire respecter davantage les mesures relatives à la sécurité, il faut renforcer la collaboration entre la Commission, les organisations internationales, les administrations nationales et régionales et le secteur même de la pêche;

T.      considérant qu’il est nécessaire de mettre en place un système unifié de normes applicables à tous les navires de pêche dans l’UE;

U.     considérant que l'amélioration de la sécurité et des conditions de travail, y compris les salaires, est nécessaire pour permettre le recrutement de jeunes marins et pour assurer la survie du secteur européen de la pêche;

<Action>1.    invite instamment les États membres qui ne l’ont pas encore fait à ratifier le Protocole de Torremolinos et la Convention internationale sur les normes de formation du personnel des navires de pêche, de délivrance des brevets et de veille (Convention STCW‑F), tous deux émanant de l’OMI, ainsi que les conventions de l'OIT et de la FAO relatives a la sécurité dans l’activité de pêche et aux conditions de travail, afin que leur entrée en vigueur favorise l’amélioration des conditions de sécurité dans le secteur de la pêche à l'échelle internationale;

2.         demande à la Commission de présenter une proposition de directive visant à préparer l'établissement d'un cadre normatif communautaire qui régisse et garantisse la sécurité des navires exclus du champ d'application des directives 93/103/CE et 97/70/CE;

3.         invite instamment le Conseil à faire en sorte que la directive 93/104/CE du Conseil, concernant certains aspects de l'aménagement du temps de travail, modifiée par la directive 2000/34/CE du Parlement européen et du Conseil, soit davantage appliquée en faveur des pêcheurs de façon à améliorer leur protection;

4.      demande que la pêche soit progressivement interdite aux navires ayant plus de 20 ans, excepté à ceux qui sont dans un parfait état avéré;

5.      invite instamment le secteur de la pêche à coopérer avec les États membres et avec la Commission, s'agissant de reconnaître la nécessité d'établir et de maintenir une culture de la sécurité qui accorde la primauté à la sécurité et à veiller à ce que les règles de sécurité en vigueur soient dûment appliquées;

6.      demande à la Commission de continuer à cofinancer le remplacement des navires de pêche ayant plus de vingt ans qui ne répondent pas aux normes minimales relatives à la sécurité et à la santé des travailleurs à bord des navires;

7.    demande au Conseil de confier à la Commission la coordination de tous les efforts, qu’ils soient accomplis par la Commission elle-même et les États membres ou par les organisations internationales, et de consulter le secteur même de la pêche et les organismes de formation des États membres sur les moyens de promouvoir et de renforcer les mesures de prévention et de sécurité dans ce secteur;

8.    demande l'établissement d'un système européen commun qui tienne compte des différences existant entre les flottes de pêche, qui permette d'exercer des contrôles plus stricts et plus systématiques en ce qui concerne l’inspection technique des navires, y compris des navires les plus petits et les plus vieux, ainsi que la vérification de l'application du droit du travail, afin de garantir le respect des normes de sécurité, l’inspection annuelle obligatoire, y compris le contrôle de l'équipement réglementaire de sécurité, l’application de sanctions et la vérification des moyens de communication à bord;

9.    demande à la Commission de définir sans aucune ambiguïté et de faire connaître les responsabilités qui incombent aux patrons de pêche/propriétaires en ce qui concerne la sécurité de leur équipage, à la lumière des directives communautaires en vigueur;

10.  demande l'introduction des tests d'aptitude professionnelle et des tests pratiques qui conviennent pour les officiers de pont, les mécaniciens et les patrons de pêche des petits navires de pêche dans les États membres où il n'est pas exigé actuellement de brevet de qualification professionnelle;

11.  demande l'adoption de normes communautaires et nationales afin d'établir une formation minimale obligatoire en matière de sécurité pour tous les membres d'équipage servant à bord des navires de pêche de l'Union européenne et de garantir une vérification régulière de la validité de cette formation dans les États membres où cela n'est pas encore exigé;

12.       demande à la Commission de financer un appel d'offres entre les fabricants d'équipement de sécurité dans l'Union européenne afin de concevoir différents modèles de dispositif individuel de flottaison pour les pêcheurs, qui puissent être utilisés dans différentes conditions de travail à bord des navires de pêche, et de promouvoir leur utilisation;

13.       demande à la Commission de contraindre les États membres à établir une base de données informatisée pour l'entretien des radeaux de sauvetage afin de garantir que tous les propriétaires de navires de pêche soient automatiquement avertis qu'ils doivent procéder chaque année à l'entretien de leurs radeaux de sauvetage, ainsi qu'un système similaire de rappel pour les batteries des radiobalises de localisation des sinistres (EPIRB) et des répondeurs radars de recherche et de sauvetage (SART);

14.  demande aux États membres de veiller à ce que tous les navires de pêche soient inspectés chaque année pour s'assurer que leur équipement obligatoire de sauvetage se trouve à bord et qu'il est encore adapté;

15.  demande à la Commission d'élaborer des stratégies pour garantir un relèvement général du niveau des qualifications de formation professionnelle dans le secteur de la pêche, dans l'intérêt tant des navires que de la santé et de la sécurité des travailleurs, et pour accélérer l'harmonisation des qualifications entre le secteur de la pêche et la marine marchande;

16.  invite instamment les États membres à accorder des incitations fiscales en faveur des entreprises de transformation et de commercialisation des produits de la mer, des salariés et des pêcheurs indépendants afin d'éliminer les entraves qui font obstacle à leur accès aux cours de formation professionnelle de nature à renforcer la sécurité et à améliorer les compétences professionnelles;

17.  demande à la Commission d’accélérer le processus d'harmonisation des données statistiques et des notions relatives aux accidents de travail afin de disposer de critères uniformes qui permettent d'en déterminer les causes et de connaître l’évolution du taux d’accidents dans le secteur de la pêche;

18.  demande instamment à la Commission d’exiger des États membres la transparence de leurs informations relatives aux navires et à leur exploitation, de manière à pouvoir les intégrer dans le système EQUASIS d’information en temps réel, lancé par la Commission elle-même;

19.  demande à la Commission de prendre en compte la question de la sécurité des pêcheurs pour chaque action menée dans le secteur de la pêche, comme les actions relatives à la rénovation de la flotte; invite les armateurs à intégrer dans la construction des navires et des équipements les évolutions technologiques qui permettent d'améliorer les conditions de travail des pêcheurs;

20.  demande à la Commission de cofinancer avec les États membres et le secteur de la pêche les campagnes nécessaires de formation professionnelle et de formation continue;

21.  dénonce la prolifération de navires battant pavillon de complaisance qui n’offrent à leurs équipages aucune garantie en matière de conditions de travail et de sécurité, ce qui comporte de graves risques pour les pêcheurs embarqués sur ces navires, qui, dans certains cas, ont des liens avec des ports, des entreprises ou des armateurs communautaires;

22.  invite instamment l’OMI et l'OIT à adopter un cadre normatif général pour les navires battant pavillon de complaisance, qui permette de lutter contre l’inapplication des prescriptions de sécurité dans le travail, notamment;

23.  engage le Conseil et la Commission à aborder ce problème dans un contexte international et à élaborer des propositions  à cette fin, et invite instamment les États membres à assurer un contrôle complet des conditions de sécurité à bord de ce type de navire;

24.  demande à la Commission et aux États membres de promouvoir auprès des armateurs, des pêcheurs salariés et indépendants et des administrations publiques une culture de la sécurité dans le monde de la pêche, qui concerne chaque étape de leur activité, y compris la prévention, qui se reflète dans la formation professionnelle et continue et qui fasse appel aux techniques les plus modernes pour les équipements de repérage et de sauvetage; estime que cette formation doit porter également sur l'amélioration et l'optimisation de la sécurité;

25.  demande que, dans l'intérêt de la sécurité des pêcheurs, les États membres exercent un contrôle strict de l'application des dispositions de la directive‑cadre 89/391/CEE concernant la mise en œuvre de mesures visant à promouvoir l'amélioration de la sécurité et de la santé des travailleurs au travail, en ce qui concerne plus particulièrement l'obligation qui incombe à l'armateur de définir et d'évaluer les risques afin de les éliminer à la source, d'adapter le travail à l'homme, de planifier cette activité dans une optique de prévention des accidents, de pouvoir offrir les premiers secours, de disposer des moyens de lutte contre l'incendie, de tenir une liste des accidents, ainsi que l'obligation de consulter et de former les travailleurs;

26.  demande que cette culture de la sécurité soit exigée tout particulièrement pour la formation professionnelle des jeunes marins qui entreprennent une activité dans le secteur de la pêche;

27.  demande à la Commission que, conformément à l'article 16, paragraphe 1, de la directive‑cadre 89/391/CEE, elle élabore pour le secteur de la pêche une directive spécifique concernant la sécurité et la santé sur le lieu de travail;

28.  demande aux États membres, dans le cadre de cette culture de la sécurité, d’étendre la protection sociale à tous les pêcheurs, indépendamment de leur nationalité;

29.  souhaite que la Commission continue à affecter des moyens pour promouvoir la rénovation et la modernisation de la flotte, ces moyens devant viser à améliorer les conditions de sécurité, ainsi que les dispositifs de sauvetage à bord des navires;

30.  demande aux partenaires économiques et sociaux d'œuvrer, à travers le dialogue social, à l'établissement de conventions collectives permettant de développer les aspects liés à la sécurité du travail, y compris la formation professionnelle et la formation continue;

31.  demande à la Commission de prévoir, dans le cadre de la coopération avec les pays avec lesquels la Communauté a conclu des accords internationaux de pêche, des aides en vue d’améliorer la sécurité des navires et des équipements de sauvetage, ainsi que pour la formation professionnelle, et de concevoir dans ce sens la politique relative à la coopération internationale;

32.  demande instamment à la Commission d'inclure dans le Livre vert sur la réforme de la politique commune de la pêche pour 2002 les aspects sociaux, notamment les questions relatives à la sécurité et aux conditions de travail;

33.  demande une meilleure coordination entre les centres et les services de communication maritime, accompagnée d'un renforcement et d'une modernisation des moyens techniques et humains dont ils disposent actuellement, ainsi qu'entre les centres européens de radioconsultation pour permettre un échange permanent d'informations, en temps réel, sur l'assistance médicale, comme le prévoit la directive 92/29/CEE, de man