20 septembre 2001

 

Thème I

Evolution climatique et risques pathogènes pour l'homme

 

 A. Cénac           Introduction        

 L. Li       Evolution climatique planétaire : les scénarios. L'évolution actuelle des climats, rapide, avec réchauffement global, s'accompagne de modifications des écosystèmes terrestres et marins dont la liste n'est pas close. Parmi les nombreuses modifications prévisibles, certaines concernent directement l'évolution de maladies épidémiques. Des scénarios peuvent être proposés, dont le mérite est de stimuler la réflexion des scientifiques et des décideurs.

 N. Jezequel      Risques liés aux intoxications par algues phytoplanctoniques. Le phytoplancton marin ou d'eau douce peut, dans certaines conditions environnementales, proliférer et synthétiser des quantités massives de phycotoxines. Ces toxines vont s'accumuler dans les coquillages et les poissons. Elles appartiennent à deux grands groupes : les hépatotoxines et les neurotoxines. Elles vont donner lieu, après ingestion chez l'homme, à des empoisonnements. Huit types de syndromes sont actuellement connus : paralytique, diarrhéique, vénérupinique, amnésique, neurologique, cyanobactérien, des estuaires (de découverte récente) et la ciguatera. En marge de la toxicité aiguë l'inquiétude porte sur la toxicité chronique et notamment sur l' activité promotrice tumorale de l'acide okadaïque, des microcystines et de la nodularine. En 2001 de nombreuses zones du littoral breton ont été périodiquement interdites de pêche de coquillages pour cause de Dinophysis, microalgue produisant l'acide okadaïque. Le risque est latent. La menace est bien réelle, d'autant que les conditions favorables à l'expansion des algues phytoplanctoniques toxiques semblent actuellement réunies.: réchauffement de la mer, enrichissement des océans par des matières nutritives, développement intensif des échanges internationaux, modifications des récifs coralliens par des événements naturels ou artificiels. Bien sûr les modifications de l'environnement marin consécutives aux activités de l'homme contribuent à l'extension de ce phénomène. Cela deviendra l'un des grands enjeux de santé publique de notre siècle.

 F. Klotz              Evolution climatique et extension du choléra. La pandémie actuelle de choléra est-elle influencée par les modifications climatiques ? Certains scientifiques le pensent. Cette mise au point est le fait d'un médecin tropicaliste gastro-entérologue.

C. Chastel        Maladies à transmission vectorielle. Quels risques face à des changements climatiques planétaires ?  Même si tous les climatologues ne sont pas d’accord sur son origine, un réchauffement planétaire de + 0,5° C a marqué la deuxième moitié du XXe siècle et le phénomène devrait s’aggraver d’ici à 2100 (+ 1,5 à 6° C). Les épidémiologistes s’interrogent sur les conséquences que pourraient avoir les bouleversements climatiques qui vont en résulter, sur l’évolution des maladies infectieuses humaines et en particulier sur celles qui sont transmises par des vecteurs hématophages, moustiques et tiques. L’analyse de l’abondante littérature consacrée depuis peu à ce problème ne permet pas d’en tirer des conclusions claires et les modèles mathématiques utilisés ne prennent pas assez en compte les facteurs non climatiques, humains notamment, qui interviennent dans l’épidémiologie de ces maladies. Les exemples du paludisme, de la dengue et d’autres arboviroses sont discutés. Il semble que l’on puisse s’attendre à des extensions géographiques locales de ces infections, à la fois en latitude et en altitude, conduisant à des poussées épidémiques, mais aussi parfois à des régressions spectaculaires.

       

Table ronde           Conseils aux voyageurs . Elle réunira des médecins spécialistes responsables de consultations de conseils aux voyageurs. Ce sera l'occasion d'aborder et de discuter les mesures de protection recommandées à tous ceux qui voyagent dans des régions à risque de maladies tropicales.  

         

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Thème II

Sommeil et vigilance en mer

D. Jégaden 6               Introduction: organisation du travail et vigilance en mer 

S. Esnault-Lavandier 7    Dormir...bien ?  La connaissance du déroulement normal du sommeil et des nombreux facteurs dont il dépend ou qui le modifient est indispensable si l'on souhaite gérer ce paramètre en fonction de ses activités. Pourtant, à connaissances égales, le caractère satisfaisant ou non du sommeil dépend de la personnalité de chacun, de son aptitude à respecter une certaine hygiène de vie, de la dimension psychologique donnée au sommeil... et de la physiologie. La plupart des membres de l'Association Iroise 6.50, participants brestois de la mini-transat 1999 Concarneau - Lanzarote  - Basse-Terre, confirment que l'information est indispensable, que la motivation vient dans tous les cas pallier certaines déficiences de la physiologie, laquelle conditionne cependant, comme dans tous les sports de haut niveau, les capacités à terminer voire à gagner.

J.Y. Chauve 8                Sommeil, vigilance et course au largeSur un bateau, garder une bonne vigilance est un élément de sécurité indispensable. La qualité de la vigilance est directement liée à la quantité mais surtout à la qualité du sommeil. Il était donc intéressant d'évaluer le sommeil des coureurs au large qui ne dorment qu'en sommeil polyphasique. Les études ont montré l'émergence de deux durées principales de ce sommeil fractionné. des périodes de 20 à 25 minutes de sommeil lors des courses intenses et courtes type Solitaire du Figaro et des périodes de sommeil d'environ 90 minutes pour des courses plus longues type Vendée-Globe. L'adaptation à ce type de sommeil s'effectue rapidement à condition de respecter un certain nombre de règles concernant en particulier les rythmes chronobiologiques. En effet, il existe dans la journée des moments de plus grande disposition au sommeil. Repérer ces "portes d'entrée du sommeil" est indispensable pour obtenir un endormissement rapide et un sommeil profond. Les techniques de relaxation sont des compléments utiles pour aider le coureur à déconnecter d'une réalité stressante et à plonger dans un sommeil réparateur garant d'une bonne vigilance.

G. Tirilly 9                    Rythmes de travail et stratégies de sommeil à la pêche côtière.   La grande majorité des opérations se déroulant en mer nécessite un travail en continu sur 24 heures durant de longues périodes (plusieurs jours à plusieurs mois). Ces situations impliquent de travailler selon des cycles plus ou moins longs (4, 8 ou 12h) en fonction du secteur d'activité, du type d'embarquement, des tâches effectuées à bord... Dans tous les cas, les horaires de travail interfèrent avec le rythme activité/repos habituel et perturbent l'organisation circadienne des états de veille et de sommeil. D'une façon générale, les horaires de travail pratiqués en mer permettent rarement de bénéficier de 8 heures de repos consécutives. Non seulement, la durée de sommeil est réduite, mais le sommeil est surtout fractionné et pris à différents moments du jour ou de la nuit. Pourtant, la valeur récupérative du sommeil est différente selon sa position sur les 24h. De plus, on sait qu'une privation de sommeil, même modérée, entraîne des difficultés à rester éveillé et une altération des capacités intellectuelles et physiques.

L'organisation des horaires de travail à bord des navires pose donc la question du rythme veille/sommeil des marins mais aussi de leur efficacité et de la sécurité en mer. Dans ce contexte d'horaires de travail atypiques, l'objectif de notre étude est d'évaluer le rythme activité/repos des marins et ses répercussions sur leur niveau d'éveil.

S. Gentile 10              Retentissement sur la santé du personnel navigant des contraintes spécifiques à la navigation sur les Navires à Grande Vitesse.    L'apparition des Navires à Grande Vitesse est à l'origine de modifications des conditions de travail et de nouvelles contraintes physiologiques et ergonomiques, vecteurs de fatigue pour le personnel navigant. Ces contraintes de la navigation sur les NGV entraînent un retentissement plus important sur la vigilance et la fatigue de l'équipage par comparaison à celui observé sur le personnel navigant des bateaux traditionnels. Cependant, ce retentissement ne semble pas causer de modifications extra-physiologiques susceptibles de mettre en jeu la sécurité des navires et a fortiori menacer à terme la santé de ces personnels. 

 

          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

21 septembre 2001

Thème III

Navigation maritime et santé mentale

 

  J.Cuzon 20         Introduction

J.Cuzon 20                 Modalités de sortie de la profession par la maladie mentale.  Se fondant sur une analyse des modalités de sortie de la profession de marin par la maladie mentale, le thème "navigation maritime et santé mentale" développe une réflexion sur la centralité de l'homme dans la vie professionnelle maritime.

L'homme, ce "facteur humain" dont la responsabilité est recherchée lors du sinistre maritime et qu'il importerait d'inventorier quant à ses fragilités psychologiques avant de le laisser prendre la mer.

L'homme, cette victime trop souvent oubliée du sinistre maritime et à qui le médecin doit toute l'attention que requiert l'enfermement dans lequel le place le vécu émotionnel du drame de la mer.

L'homme, en perte de son identité de marin dans le contexte troublant des organisations actuelles du travail maritime. Modernité ou nouvel esclavagisme ? Quels statuts pour le marin pour qu'il ne soit pas "abandonné" ?

P. Papeta 22                 Expériences des urgences médico-psychologiques en milieu maritime   

L.C. Guillerm 24           La question identitaire du marin embarqué, à propos de la Marine nationale 

 En embarquant à bord d’un bâtiment de la marine nationale, l’individu rejoint une institution particulière et une situation bien différente de ce qu’il peut vivre à terre. Quand le marin largue les amarres pour plusieurs mois de mer, il doit alors accepter, plus ou moins consciemment, de perdre une partie de son identité propre et se fondre dans la dimension groupale. C’est le groupe qui lui sert alors de support identitaire et de prothèse compensatrice dans les moments où les repères matériels et affectifs  habituels semblent trop loin.

Les remaniements psychologiques de ce type d’expérience mettent en jeu plusieurs acteurs : le sujet, les groupes, l’institution, et plusieurs dimensions environnementales : la séparation, les modifications sensorielles, l’équivalent de transplantation, le décalage spatio-temporel, les conditions de vie et le type de travail.

Une vie institutionnelle riche et étayante, ainsi que les caractéristiques de fonctionnement des groupes permettent d’expliquer la relative rareté des décompensations psychologiques en mer eu égard au nombre élevé de facteurs de stress de ce genre de situation. Quand le marin décompense, c’est bien souvent à travers la dimension corporelle que la plainte s’exprime.

Dans certains cas, le débarquement est alors un moment difficile, source d’une crise identitaire à la dimension de la forte identification groupale et institutionnelle.

 

P. Chaumette 23          L'abandon du marin et son statut juridique

J.Cuzon 20 , P. Saraux 25     Le centre d'accueil médicalisé "Point H" : une réponse à la situation d'abandon du marin ?

Table ronde présidée par le Pr Chaumette

          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Thème IV

Les cancers professionnels dans les métiers liés à la mer

J.D. Dewitte12    Cancers professionnels en milieu maritime

Le grand nombre de kilomètres de côtes que compte le territoire français explique l'importance de la population concernée par les métiers liés à la mer. Les marins professionnels sont approximativement 48 000 en France. Ils pratiquent la navigation maritime, pour le commerce, la pêche, mais aussi la plaisance professionnelle.

Le cancer professionnel dans ces populations n'a pratiquement pas été l'objet de publications en France, en dehors du lourd tribut payé à l'amiante, en particulier dans la construction navale, contrairement aux pays où l'importance de ce secteur joue un rôle économique prépondérant : c'est le cas des pays scandinaves, par exemple, où l'existence de registres officiels et de recensements réguliers autorise des études épidémiologiques bien documentées. On pourra d'emblée signaler dans le milieu maritime, en particulier en ce qui concerne les personnes embarquées, le rôle des facteurs confondants que sont le tabac et l'alcool. Si l'on excepte le rôle majeur que joue l'amiante, surtout dans la réparation et la construction navales mais aussi chez les marins travaillant dans les salles des machines ou sur les ponts, peu de cancers, pourtant en excès chez les travailleurs de la mer, peuvent être considérés comme d'origine professionnelle. Aucune spécificité maritime n'explique cet excès et ce sont des mesures d'hygiène de vie, surtout en ce qui concerne le tabac, qui pourront permettre d'espérer voir diminuer le nombre de cancers bronchiques. Là aussi, les difficultés du métier engendrent des conduites addictives à l'origine d'une mortalité trop importante. 

G. Sassolas 13  Cancers cutanés en milieu maritime

La pathologie cutanée marine perannuelle relève à la fois de facteurs d'environnement aspécifiques (traumatismes, infections, allergies), spécifiques (faune et flore) mais aussi de la pathologie climatique avec en tête le risque du soleil. En mer, la suppression du signal d'alerte que constitue la perception de chaleur aggrave l'effet de l'irradiation UVA2 (320-340 nanomètres) et UVB. A l'iradiation s'ajoute un pourcentage de lumière réfléchie : 31% pour l'océan agité et 13 à 100% pour une surface d'eau plane (en fonction de l'incidence radiaire). Les cancers épithéliaux et mélaniques sont néanmoins plus fréquents chez les citadins de bord de mer que chez les marins protégés par un hâle solaire. L'exposition itérative violente est plus délétère que l'exposition classique du marin. Le carcinome épidermoïde reste une pathologie des personnes âgées : 2/3 des cas sont situés sur le visage, les oreilles étant neuf fois plus atteintes chez l'homme que chez la femme, les jambes deux fois plus touchées chez la femme que chez l'homme.

Le cancer labial des marins fumeurs soulève la question de la responsabilité des goudrons comme pour le cancer labial des ravaudeurs de filet. Ceci ramène la question sur le problème des cancers chimiques par hydrocarbures, médiatisé par les récentes pollutions côtières. Nos conclusions, tirées de l'analyse statistique des cancers cutanés épidermoïdes rapportés aux précédentes pollutions du Bohlen (1976), du Tanio (1986) ou de l'Amoco (1978) nous aident à répondre à cette question.

P. Brochard 14  Cancers dus à l'amiante en milieu maritime

J.P. Alexandre 15, B. Legoux 16, Hubert 17, F. Le Goffe 18, M. Boutoux 19  Les cancers professionnels dans la réparation navale brestoise

A partir du recueil délicat des dossiers de déclaration de maladies professionnelles et d'expertises concernant la pathologie cancéreuse dans la réparation navale brestoise, les auteurs s'efforcent de noter les principales caractéristiques cliniques de ces maladies.

Ils étudient les spécialités des ouvriers concernés et leurs expositions aux ambiances toxiques et traitent des mesures de prévention particulières à bord des bâtiments lors des travaux ou des carénages.

Si la détermination du taux d'I.P.P. ne pose généralement pas de problèmes, le chemin pour y parvenir a été souvent long, nécessitant de longues tracasseries médico-administratives pour l'ouvrier ou sa veuve.

 

         

 

 

 

 

 

 

 

1 Professeur de médecine interne, médecine exotique, Faculté de Médecine de Brest    vers haut de page

2 Laboratoire de Météorologie dynamique, Université Pierre et Marie Curie, 75252 Paris cedex 05  vers haut de page

3 Docteur en médecine, a consacré sa thèse de doctorat aux intoxications par algues phytoplanctoniques  vers haut de page

4 Professeur de médecine tropicale, gastro-entérologue, HIA Clermont Tonnerre Brest  vers haut de page

5 Professeur de Microbiologie, spécialiste des arboviroses, faculté de médecine de Brest.  vers haut de page

6 Spécialiste de médecine du travail maritime vers haut de page

7 Praticien hospitalier, Unité de Sommeil SFRS - CHU Morvan , Brest  vers haut de page

8 Médecin conseiller technique des courses au large  vers haut de page

9 Doctorante en ergonomie - Laboratoire Travail et Cognition. UMR 5551 CNRS. Université de Toulouse II   vers haut de page

10 Docteur en médecine - Laboratoire de santé publique. Faculté de médecine de Marseille   vers haut de page

11 Docteur en médecine. Spécialiste de médecine maritime -Genavir   vers haut de page

12 Professeur de médecine du travail, Faculté de médecine de Brest   vers haut de page

13 Spécialiste de dermatologie, Faculté de médecine de Brest  vers haut de page

14 Professeur de médecine du travail, université de Bordeaux 2  vers haut de page

15 Médecin-chef de l'Arsenal de Brest  vers haut de page

16 Médecin-chef du service de médecine du travail ,Arsenal de Brest  vers haut de page

17 Médecin du travail, médecine du travail interprofessionnelle de la région brestoise  vers haut de page

18 Interne en médecine du travail, faculté de médecine de Brest  vers haut de page

19 Médecin du travail, Arsenal de Brest  vers haut de page

20 Spécialiste de médecine maritime   vers haut de page

21 Service de psychologie appliquée et d'hygiène mentale de la Marine Nationale   vers haut de page

22 Médecin-chef du Service de psychiatrie HIA Brest   vers haut de page

23 Professeur de droit maritime. Faculté de droit de Nantes   vers haut de page

24 Psychiatre, Brest  vers haut de page

25Médecin du "Point H" (AGEHB) - Santé Environnement Ville de Brest  vers haut de page

27/04/02